• Elle était déçue

    Il n'avait rien compris

    Elle allait sombrer

    se torturer avec ça

    toute la soirée...

    Cétait vraiment mal parti

     

    Soudain

    dans sa tête

    des mots arrivent

    bien en ordre

    bien harmonieux

    qui attendent d'être accueillis

    qui racontent l'histoire

    et mettent de la distance

     

    Elle n'est plus dedans

    prête à étouffer

    Elle observe

    la situation du dehors

    et ne la trouve plus

    si dramatique

     

    Certes elle est déçue

    Cela ne l'empêche pas de respirer

    et d'apprécier

    ce qui va arriver maintenant

    et peut-être la combler.

     


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  • Je me vois dans l'obligation de faire une petite pause.

    Elle sera courte car vous allez me manquer, je crois.

    Je vous remercie du fond du coeur pour tous vos petits mots d'amitié....

     

    Auparavant, encore quelques réflexions de Jean Sulivan

     

    "Et maintenant c'est ainsi que je vois les choses : l'écrivain, s'il pouvait vivre tout ce qu'il dit, n'écrirait pas. On n'écrit que par une sorte d'impuissance. Incapable de supporter  le monde de la futilité ou de l'hypocrisie mais incapable aussi de s'y tenir pur...On écrit pour dire non à ce qui est, oui à ce qui doit venir....Entre la vérité et les hommes , il interpose un relais esthétique, poussé par cette espérance que des consciences seront atteintes, vivront ce que lui ne sait que dire."

                    (Le plus petit abîme page 124)

     

     

    Je tombe par hasard sur ces lignes et je me dis que c'est exactement ça :

    Ce que j'écris, il me semble, est beaucoup mieux ce que ce que je suis et certains, ne me connaissant que par le blog, ont de moi une image beaucoup trop belle...Et j'en suis gênée..même si ça me fait plaisir ! Pourtant, me dis-je , quand j'écris, j'essaie autant que je peux, d'être sincère, sans masque, le plus authentique possible..Dans la vie réelle, je n'ose pas toujours,j'ai peur de blesser, de m'imposer...

    Alors, au moins que ce lieu me permette d'être ce que je suis, me dis-je et vos propos me montrent parfois que ce n'est pas tout à fait ça...Et je crois que la confusion vient de là...J'écris ce  que je ne suis pas toujours capable de vivre , ce vers quoi je tends...et en l'écrivant, je reprends vie et  j'espère que d'autres avec moi marcheront dans ce même désir, cette même direction...

    Bon , je ne suis pas sûre d'être claire, j'y reviendrai...

    A bientôt !


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  • Pour la petite Fabrique d'écriture

     

     

    Je vous écris du bout du monde.

    Je vous écris d'un lieu où nul ne peut me rejoindre,  d'un lieu par moi seule connu, mais je n'y suis pas seule, les liens que j'ai tissés avec vous n'en deviennent que plus intenses puisqu'eux seuls me maintiennent à la surface et me permettent de respirer. S'ils venaient à se rompre,  ces liens si précieux, mon îlot disparaîtrait aussitôt sosu la poussée des eaux et je serais engloutie...Mais je ne crains rien, ici je n'ai que cela à faire : veiller à l'essentiel, garder ces liens profondément attachés, veiller à leur bonne tenue. Et je le fais avec une attention toujours croissante.

    Je vous écris du bout du monde mais la distance, entre vous et moi, est infime..Ne sentez-vous pas mon souffle tout près de vous?  Soyez attentifs, même si vous ne pouvez ni me voir ni me parler, je ne vous quitte pas un seul instant...

    Le bout du monde est tout proche;


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  •  " L'essence de la bonne écriture n'est donc pas pour moi le talent - notion spécieuse et floue - mais le courage de dire les choses telles qu'on les a réellement perçues et non comme un consensus de personnes "autorisées" souhaiteraient qu'on les ai senties.

      Dans ce travail de cordonnier, je me suis très vite heurté aux insuffisances de langage qui découlent souvent de nos  carences personnelles, mais existent aussi objectivement...En cherchant à rédiger ce qui devait être le simple compte rendu d'une longue route, je me suis aperçu qu'un certain nombre de choses refusaient d'être dites, et que plus elles étaient centrales et essentielles, plus elles renâclaient à être réduites à des mots. La raison de cette réticence étant, je crois, que le monde est sans cesse et partout polyphonique et qu'à ce monde nous ne prêtons par"insuffisance centrale de l'âme" (Antonin Artaud) qu'une attention monodique...ou pas d'attention du tout. Quand nous lisons la partition, nous n'en lisons le plus souvent qu'une ligne."

                                 Nicolas Bouvier (L'échappée belle)

     

      En lisant ces lignes, j'ai eu l'agréable satisfaction que Nicolas Bouvier  exprimait exactement ce que j'ai bien souvent ressenti...lorsque désirant exprimer des sensations fugaces mais essentielles, j'ai eu la désagréable impression que les mots me fuyaient et qu'il n'y en avait aucun qui puisse traduire exactement ce que je ressentais..Et l'explication qu'il donne me convient tout à fait


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  • Hier soir, je découvre ceci: C'est un extrait d'une conférence prononcée le 20 novembre 1931 par André Maurois.

    Il pose la question : pourquoi et comment on écrit un roman?

     

    "...Et Flaubert dit: "J'ai quelquefois entrevu, à la lueur d'une émotion qui me faisait frissonner depuis la racine des cheveux jusqu'aux talons, un état d'âme supérieur à la vie, pour qui le bonheur n'est rien et pour qui la gloire est inutile"

    "Un état d'âme supérieur à la vie et pour qui le bonheur même n'est rien", voilà ce que le grand romancier et, d'une façon génèrale, le grand artiste doit pouvoir trouver dans son art. Et le grand lecteur aussi, car le lecteur fait oeuvre d'art. Le livre ne nous est pas donné, il faut qu'il soit recréé par vous; tout bon lecteur est un artiste et l'on souhaiterait que le lecteur trouvât, lui aussi, dans un grand roman, l'apaisement que doit donner  l'art. ..."

     

    A mon tour, je me pose la question : pour quoi lit-on des romans?

    Certains pensent peut-être que c'est une fuit: s'évader ainsi dans la vie des autres,tellement plus savoureuse que la nôtre, tellement plus vraie bien que fictive et oublier ainsi le vide qui parfois envahit la nôtre...Mais ce peut-être aussi une recherche ardue, une recherche profonde.Car dans chaque être humain, si loin de nous soit-il, c'est un peu d enous que nous retrouvons...Et comme nous ne pouvons vivre toutes les vies qui nous tnetent, c'est une manière de s'approprier toutes ces expériences que nous ne connaîtrons jamais directement.Ainsi, grâce au roman, nous élargissons notre horizon.

     


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