• Le dossier de la revue "Philosophie magazine" de octobre 2012 est intitulé ainsi:  Comment être un peu plus libre

    et je découvre, entre autres,  le témoignage d'un couple qui provoque mon admiration.

     

    Ils avaient tous les deux une bonne situation,ils travaillaient dans un cabinet d'expertise  comptable à Genève mais, un jour, ils décident de réaliser leur rêve...Ils louent leur maison et partent en vélo pour une tournée en Europe. Ils étaient partis pour 4 ans mais cela fait 8 ans que ça dure...Ils ont traversé 23 pays, parcouru 61 000 kilomètres en évitant au maximum l'a vion ou le bateau car bien sûr, ils ne se sont pas limités à l'Europe...Ils ont parfois affronté des froids terribles (-25 en Sibérie), ils se sont retrouvés sans argent  pendant 3 semaines en Corée....

     

    "Mais il y a certains matins où l'on part sur le vélo et où l'on éprouve un sentiment d'indicible liberté, une euphorie immense. Ce nomadisme nous a ouverts à nous même , disent Eric et Christine, nous avons l'impression de pouvoir vivre partout, de nous débrouiller en toutes circonstances, sans crainte des autres, sans peur du lendemain, sans à priori"

     

    Il est d'autres façons de devenir plus libres.

    Il n'est pas obligatoire d'avoir l'esprit nomade.

    Nous pouvons voyager en nous même, à la recherche de ce que nous sommes.

    Déjà prendre conscience de toutes les décisions que nous croyons prendre libremnt alors qu'elles nous sont dictées par notre environnement, c'est faire un pas vers la liberté... et nous n'aurons jamais fini de la conquérir, nous ne pouvons que l'approcher chaque jour un peu plus...

    Pourquoi, diront certains?

    Peut-être simplement pour être un peu plus nous-même et vivre davantage dans la joie, goûter la vie plus intensément...

     

    Qu'en pensez-vous?


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  • Le prix international des enfants est décerné tous les ans à La Haye.

    Son ambition est de permettre à un enfant qui mène des actions en faveur d'autres enfants de concrétiser un projet.

     

    Il a été choisi parmi tois finalistes pour le travail de son action caritative "Championing Community Children" qui récolte des fonds pour les enfants défavorisés de Cavite , ville à 30 km de Manille;

     

    Comme beaucoup d'enfants philippins , sa vie commence mal : il est maltraité, contraint de fouiller dans les décharges dès l'âge de deux ans.  Un jour, il s'enfuit, on le retrouve mendiant sur un trottoir, on le ramène à ses parents mais sa mère ne veut plus de lui, il s'est brûlé les mains en fouillant dans les décharges...Une association le prend en charge..Pour ses 7 ans, il ne veut pas de cadeau pour lui, mais "des cadeaux de l'espoir" pour les autres.

    Il monte son asociation pour montrer aux  enfants des rues qu'ils peuvent prendre leur destin en main.

    Chaque semaine, avec ses amis, il se rend dans des communautés défavoriséespour expliquer  aux enfants leurs droits, les éduquer à l'hygiène et  à l'alimentation.

    "Mon message à tous les enfants du monde est : notre santé est notre richesse   ! Etre ne bonne santé vous permettra de jouer, de penser clairement, de vous lever pour aller à l'école et d'aimer les gens autour de vous. ...

    S'il vous plaît, joignez-vous à moi pour aider les enfants des rues à atteindre une meilleure santé et une meilleure vie"

    a-t-il demandé en recevant son prix.

    Cris espère devenir médecin.

     

    C'est dans le quotidien "L'ACTU", journal destiné aux jeunes, à partir de 14 ans, que j'ai trouvé cette information.

    Pourquoi les autres journaux parlent-ils si peu de  cela?

    Je pense que même des enfants plus jeunes pourraient lire ce journal et les adultes aussi bien sûr...

    Et je m'émerveille qu'un enfant si jeune et si défavorisé au départ ait pu atteindre une telle maturité et montrer tant de générosité.

    ça nous remet en route.


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  • "Pour humilier, il faut être deux. Celui qui humilie et celui qu'on veut humilier, mais surtout: celui qui veut bien se laisser humilier...

    Ce matin, je m'enchantais du vaste horizon que l'on découvre aux lisières de la ville et je respirais l'air frais que l'on ne nous a pas encore rationné. Partout, des pancartes interdisaient aux juifs les petits chemins menant dans la nature. Mais au-dessus de ce bout de route qui nous reste ouvert, le ciel s'étale tout entier. On ne peut rien nous faire, vraiment rien. On peut nous rendre la vie assez dure, nous dépouiller de certains biens  matériels, nous enlever une certaine liberté de mouvement tout extérieure, mais c'est nous-mêmes qui nous dépouillons de nos meilleures forces par une attitude psychologique désastreuse. en nous sentant persécutés, dépouillés, opprimés. en éprouvant de la haine. en crânant pour cacher notre peur. On a bien le droit d'être triste et abattu, de temps en temps, par ce qu'on nous fait subir; c'est humain et compréhensible. Et pourtant la vraie spoliation, c'est nous-mêmes qui nous l'infligeons.

     Je trouve la vie belle et je me sens libre. En moi des cieux se déploient aussi vastes que le firmament. Je crois en Dieu et je crois en  l'homme, j'ose le dire sans fausse honte. La vie est difficile mais ce n'est pas grave...

    Si la paix s'installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine ou la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour - ou est-ce trop demander? C'est pourtant la seule solution...

    Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie, oui vous avez bien lu, en l'an de grâce 1942, la énième année de guerre."                                                    Etty Hillesum (Une vie bouleversée, Points, page 132)

     

     

    Je relis ce que   Etty a été capable de penser et d'écrire et de vivre  alors que c'est la guerre et que la chasse aux juifs bat son plein...

     

    Auparavant,j'ai appris qu'une librairie francophone de Belgique, Filigranes, a décidé de ne pas commercialiser le pamphlet de Richard Millet qui fait l'apologie du tueur norvégien Anders Behring Breivik...Elle n'a pas voulu cautionner cet appel à la violence et à la haine...Et je suis heureuse qu'au moins un libraire ait réagi ainsi.

     

    Je rappelle que Anders Breivik est ce norvégien qui a tué froidement des dizaines de ses concitoyens pour les punir de ne pas partager son point de vue sur la défense  de la race pure. Il était en état de légitime défense, a-t-il dit , il s'était senti agressé par leur présence...

     

    Si chaque fois que quelqu'un ne pense pas comme nous, allons-nous lui tirer dessus?

    Au nom de la liberté d'expression, peut-on tolérer que des êtres, envahis par la haine et la peur, déversent impunément leurs mots empoisonnés?

    Et pourtant cette liberté d'expression, elle est essentielle, il faut la défendre.

    Et continuer à croire en l'homme , comme le fait Etty, alors qu'elle vit au coeur même de l'horreur la plus absolue.


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  • http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=0Brwa4tZAKg#t=876s

     

     

    Hier, une amie me téléphone pour me recommander une émission de radio qu'elle vient d'écouter en différé.

     

    C'est sur France Culture, dans les racines du ciel,  et c'est le poète Christian Bobin qui est interwievé...

     

    Je m'empresse de l'écouter à mon tour, et comme je l'ai bien aimé, j'ai envie de la partager avec vous et je vous envoie le lien  (au-dessus)

     

    C'est un dialogue que je re-écouterai...A chaque écoute, il ya quelque chose de nouveau qui vient à nos oreilles;

     

    Hier, ce que j'ai retenu,  c'est ce qu'il dit de la sainteté et qui n'est pas ce que l'on nous a appris mais qui me parle bien davantage.

    La sainteté,dit-il, c'est suivre les veines du bois de la vie...

    La sainteté, c'est simplement ne pas faire  vivre le mal qui est en soi...

     

    J'ai aimé aussi ce qu'il dit de cette femme qui entre dans un café où il s'était arrêté avec un ami et qui serre la main de tous ceux qui sont là , connus ou inconnus, (une vraie poignée de main, dit-il) 

     

    J'ai aimé aussi qu'il nous rappelle que la poésie  célébrait le temps présent mais qu'elle était là aussi pour rassembler les morts et les vivants...

     

    Et j'ai aimé son rire. 


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  • Mais où trouve-t-elle tant de courage et d'amour ?

     

     

    Je continue ma lecture de ETTY  HILLESUM,

    c'est une lecture que l'on fait à petits pas, page après page, lentement.

    elle est enfermée dans le camp Westerbork

    et voici ce qu'elle écrit à ses amis.

     

     

    "...oui, la détresse est grande, et pourtant il m'arrive souvent, le soir, quand le jour écoulé a sombré derrière moi dans les profondeurs, de longer d'un pas souple les barbelés, et toujours je sens monter de mon coeur  - je n'y puis rien? c'est ainsi, cela vient d'une force élémentaire -  la même incantation :

     La vie est une chose merveilleuse et grande,

    après la guerre nous aurons à construire un monde  entièrement nouveau,

     et à chaque exaction, à chaque nouvelle cruauté, nous devrons opposer un petit supplément d'amour et de bonté à conquérir sur nous-mêmes.

    Nous avons le droit de souffrir, non de succomber à la souffrance.

     Et si nous survivons à cette époque, indemnes de corpse et d'âme, d'âme surtout, sans amertume, sans haine, nous aurons aussi notre mot à dire après la guerre.

    Je suis peut-être une femme ambitieuse, j'aimerais bien avoir un tout petit mot à dire."

                                                                     (Lettres de Westerbork)


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