• "Ce centenaire qui parlait de la Première Guerre mondiale avait un étroit visage de cuir bouilli. Ses yeux étaient deux billes d'acier." Les balles sifflaient de tous côtés, j'ai pensé : il faut que je me sorte de là, personne ne m'aimera autant que je m'aime. " Les vraies paroles jaillissent du fond des âmes. Elles explosent en plein ciel comme des obus de quarante." 

    "La sainteté, c'est juste de ne pas faire vivre le mal qu'on a en soi"


    "Ecrire - obéir à ce qu'on voit"

    "J'essaie avec des mots de peindre cette lumière qui vient d'entrer par la fenêtre et s'est plantée dans la peau rosée de la poire. Je n'y arrive pas et cet échec n'est pas sans gaieté - comme de perdre au jeu contre un ami."
                                                 
                                                      Christian Bobin (Les ruines du ciel)

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                             " Retoucher la réalité n'est pas un crime - sans quoi nous sommes tous des criminels, nous dont l'esprit  vagabonde,dont les nuits se peuplent de songes, dont l'imagination s'épanouit, laissant le fantasme se glisser dans nos pensées. Qui peut distinguer ce qui est vrai, juste, exact, de ce qui ne l'est pas ? Il arrive que la vérité soit tissée d'impostures, que les creux aient l'importance des pleins, que les choses tues comptent autant, sinon plus, que  celles qui sont dites.                                                                                                                                                                                                Nous sommes tous des êtres de fiction, et nos chimères nous définissent bien davantage que le nom, la nationalité, la date et le lieu de naissance figurant sur notre carte d'identité. Nous évoluons dans nos espoirs, nos idées, nos histoires comme les nuages flottent dans le ciel : c'est là l'environnement naturel dans lequel nous baignons. Il m'apparaît parfois plus concret que le lit dans lequel je m'endors, la route que je prends le matin, les jardins dans lesquels je me promène certains dimanches, qui n'ont guère plus d'épaisseur à mes yeux qu'un décor de théâtre ou de studio.  N'est-ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, où les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se muent en brumes légères comme un fil de soie ? Alors la réalité ne se fausse pas en mensonge : elle s'accomplit dans l'espace, étrange et merveilleux, de la fable "
        
                                                                                            Minh Tran Huy (La double vie d'Anna Song)


    J'ai aimé ce passage car je touve difficile de séparer la fiction et la réalité. Souvent elles s'entremêlent étrangement...Il y a parfois plus de fiction dans une biographie ou  une autobiographie que dans une histoire inventée de toutes pièces. Il est parfois des faits divers qui nous apparaissent plus irréels que le plus chimérique des contes de fée. Qu'en pensez -vous?


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  • "Le chemin me fait oiseau, parfois alouette, gentille alouette, parfois cormoran ivre du givre des grands espaces. Ce n'est pas que j'ai quitté la terre pour les cieux, mais la légèreté de mes pas me donne à penser que je me suis soustrait à la pesanteur. Le chemin me fait  cheval bleu ombrageux et je secoue alors ma crinière au vent et je soulève la poussière là où il y avait, semble-t-il, du roc ou de l'asphalte -donc chemins aux vents. Le chemin, un usage éminent de la lenteur - je veux dire, de notre capacité de nous attarder auprès de ce qui le mérite."
                                                                                      Pierre Sansot (chemins aux vents)

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  • Il en est qui ont toujours le pied levé
    et qui  arpenteraient volontiers
    la terre entière du nord au sud
    et de l'est à l'ouest
    sans jamais se lasser

    d'autres qui trouvent leur espace
    dans quelques mètres carrés
    et ne désirent pas en sortir
    ou alors très peu souvent
    et avec beaucoup de préparation.

    Pour moi, j'ai besoin de temps en temps
    de m'évader de mon espace familier
    besoin de sentir  comment c'est ailleurs
    comment sont les paysages
    comment sont les gens.

    et ce fut un bonheur de me retrouver
    enfin
    sur ce plateau d'Aubrac
    que j'avais tant aimé découvrir...
    Les souvenirs m'envahissent,
    me reportent dix ans en arrière.
    A cette époque, nous faisions le chemin à pied,
    et malgré la fatigue,
    c'était un enchantement...
    Des champs vallonnés
    parsemés de pierres volcaniques
    et de vaches éternelles,
    de longs murets de pierres sèches,
    des croix de pierre le long des routes.
    Ici le temps semble s'arrêter...

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  • "En ce moment soupirant et pensif assis tout seul
    Il me semble qu'il est d'autres hommes dans d'autres pays, soupirants et pensifs,
    Il me semble pouvoir regarder au-delà et les observer en Allemagne, Italie, France, Espagne;
    Ou loin, là-bas, en Chine, ou en Russie, ou au Japon, parlant d'autres dialectes,
    Et il me semble que si je pouvais connaître ces hommes, je leur deviendrais attaché comme je fais aux hommes de mon pays,
    OP, je sais que nous serions frères et amants, Je sais que je serais heureux avec eux."
                                                              Walt Whitman


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