• Ballade du condamné de Ménaché

    Ils m'ont ouvert le ventre

    en sont sortis des oiseaux

    cent oiseaux multicolores

    qui ont chanté l'amour de vivre

     

    Ils m'ont crevé les yeux

    en ont jailli deux sources claires

    deux sources fortes et vives

    qui ont rafraîchi la terre lasse

     

    Ils m'ont arraché les ongles

    et chaque fois une fleur s'ouvrait

    pour qu'un papillon s'y posât

    ou une abeille parfumée

     

    alors ils m'ont coupé les bras

    mes bras se sont dressés en terre

    et ils ont vu deux cerisiers

    les cerises rougissaient vite

     

    ils ont alors cherché mon coeur

    l'ont piétiné l'ont saccagé

    ils ont senti qu'ils s'enfonçaient

    un lac naissait sous leurs pieds sales

     

    ils sont partis fous de colère

    terreur de me sentir partout si proche

    et les oiseaux au-dessus d'eux

    chantaient que je n'étais pas mort  

                   Ménaché  ( Pavés et fenêtres)


  • Commentaires

    1
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 13:25

    C'est un magnifique poème, que je connaissais et qui est tout à fait approprié.

    Merci, Gazou.

    2
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 16:38

    Un poème de Liberté. Qui met la barre haut.

    3
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 17:41

    Le silence des victimes de la haine est un cri !

    4
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 20:07

    très beau texte Gazou

    5
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 20:59

    je ne connais pas ce poète ; ce texte est très fort et tragique. Bises 

    6
    Dimanche 11 Janvier 2015 à 21:04

    Très beau poème qui est vraiment en phase avec de qui s'est produit ces jours-ci... Merci. Bisous

    7
    Lundi 12 Janvier 2015 à 08:08

    L'amour survivra toujours à la violence

    amicalement

    Claude

    8
    Lundi 12 Janvier 2015 à 09:21

    Magnifique poème de circonstance. La Liberté est comme l'hydre de la légende : on lui coupe une tête, il s'en lève dix.

    Amitiés

    Alain

    9
    Lundi 12 Janvier 2015 à 10:11

    Bonjour,

    Bizarrement écrit. Mais bon, chacun son style.

    Bisous

    10
    Lundi 12 Janvier 2015 à 15:05
    Daniel

    On peut tuer les corps, jamais les âmes !

    11
    Lundi 12 Janvier 2015 à 16:28

    De même la liberté, notre liberté, qui ne mourra jamais ! On a eu trop de mal à la gagner !

    12
    Lundi 12 Janvier 2015 à 19:52

    Une grande espérance.

    13
    Lundi 12 Janvier 2015 à 21:13

    Un texte de circonstances, je ne connaissais pas non plus cet auteur. Bonne soirée!

    14
    Lundi 12 Janvier 2015 à 21:54
    Kgire

    La liberté, si chèrement gagnée. Que de sacrifices. Je le trouve dur, ce poème. Dur, fort et magnifique.

    15
    Lundi 12 Janvier 2015 à 22:03

    C'est très beau je ne connaissais pas.

    16
    Lundi 12 Janvier 2015 à 22:20

    Tout à fait de circonstance. Merci pour la découverte.

    17
    salvatore
    Mardi 13 Janvier 2015 à 20:56

    c'est très beau est que je peux le copier sur mon blog ?

    18
    Mardi 13 Janvier 2015 à 21:20

    Ah la poésie! Malheureusement la vie en est souvent très éloignée.

    Bonne soirée. 

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