• AVEC TOUTES MES SYMPATHIES de Olivia de Lamberterie

     
    Olivia de Lamberterie lors de la remise du prix Renaudot essai le 7 novembre 2018.

    Olivia de Lamberterie lors de la remise du prix Renaudot essai le 7 novembre 2018. 

     Avec toutes mes sympathies par de Lamberterie

      La journaliste livre avec émotion ce qui l'a poussée à prendre la plume."C'est mon premier livre, un livre particulier car j'ai décidé de le faire après le suicide de mon frère. C'est à lui que je pense et il aurait été très heureux d'être le roi d'un jour et même le roi d'une année", confiait l'auteure.

     Un livre magnifique pour que la mort vive, qu’Alex soit toujours présent. C’est un très bel hommage à son frère, une déclaration d’amour pour ce frère qui à jamais fait partie de sa vie.

     

    Ce livre, Olivia le portait en elle car elle voulait rendre à son frère, l’image de l’homme flamboyant qu’il était, sa joie, leur bonheur, lui pour qui « vivre l’a tué », celui qui a décidé le 14 octobre 2015 de franchir le parapet de sécurité du pont Jacques Cartier à Montréal.

     

    Ce récit, c’est pour tromper la mort, garder la joie qu’elle l’a écrit. Elle nous fait découvrir sa vie, sa famille, son enfance. Une famille d’un certain milieu social où l’on exprimait peu ou pas ses sentiments, une certaine rigueur, une distance (le vouvoiement), pudeur et réserve étant de mise.

     

    Elle nous fait découvrir cet amour inconditionnel, le lien très fort qui l’unit à jamais à son frère, cela même si des kilomètres les séparaient.

     

    Elle nous pose question sur ce mal de vivre, sur le diagnostic assez tardif « dysthimie », nommé tardivement, mal soigné, sur les moyens inhumains des services psychiatriques qui abrutissent plutôt que de soigner.

     

    Elle s’interroge sur l’aspect génétique de la question, leur famille étant lourdement touchée, mais tout ceci n’est jamais noir, jamais pathos. Le ton peut être léger, l’humour étant bien présent provoquant le rire à certains passages.

     

    Elle nous parle aussi beaucoup de l’amour des mots, des livres. Les références sont nombreuses et c’est un pur moment de bonheur de lire cette plume.

     

    Pour son mari, ses enfants, sa famille elle crée de la gaieté dans son quotidien non pas pour « faire son deuil », expression horrible mais pour que la mort vive et que les liens soient toujours présents, faire vivre Alex à travers eux.

    " Je ne voudrais pas que mon mari ait une femme triste ou pire, que mes enfants aient une mère triste. Après la mort d’Alexandre, je me suis dit "je vais inventer une manière joyeuse d’être triste".

     

    La tristesse, le manque, la perte, le mal de vivre sont abordés mais c’est lumineux. L’écriture est prenante, émouvante, élégante, emplie de pudeur et d’amour. La sincérité et l’honnêteté de cette plume vraie m’a beaucoup touchée.

     

    J'ai beaucoup aimé ce livre . Pour garder vivants les morts que nous avons aimés, il nous faut les garder vivants en nous

    et ne pas avoir peur de parler d'eux. Mais bien sûr, chacun fait comme il peut.

    Certes nous souffrons de ne plus les voir mais personne ne pourra nous ôter le bonheur  de les avoir connus.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Mars à 16:26
    eMmA MessanA

    J'aime beaucoup ta conclusion. C'est un sentiment que je vis et je me l'exprime très souvent de cette manière.

    Merci à toi de nous avoir parlé de ce livre, car ainsi je suis plus encline à le lire.

    Bonne fin de semaine.

    2
    Vendredi 15 Mars à 16:53
    Edmée De Xhavée

    C'est beau de remonter la source, la vie au début, le changements sans doute, la lutte et puis la décision, mais d'y repenser avec amour et d'y repenser vraiment, sans fuite...

    3
    Vendredi 15 Mars à 17:33
    Faire de la mort une gaie tristesse ! Tout le contraire de Sérotonine de Houellebecq que je viens de fermer et qui montre bien la fin programmée par ces petits comprimés qui permettraient soi-disant de supporter l'existence ... quel drôle de siècle !
    Amitié .
    4
    Vendredi 15 Mars à 20:27

    c'est un livre dont j'avais entendu parler à la radio. Le frère d'une belle soeur s'est suicidé avant ses 30 ans. Une grande souffrance pour les proches. Bises

    5
    Samedi 16 Mars à 07:00

    J'écoute la chronique d'Olivia sur Télématin et c'est donc comme ça que je la connais. Merci pour cet avis au sujet de ce livre. Dysthimie, ce mot m'interpelle, je vais creuser! 

    6
    Mardi 19 Mars à 11:26

    Quelle belle conclusion que la tienne !

    Merci pour ce livre, Gazou, je ne l'ai pas lu, mais je le note pour une future lecture, quand je pourrai.

    Bises et douce journée.

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