• Anselme Boix-Vives (Le tableau du samedi de lady L)

     

     

     Feuillages 1963,  gouache sur carton, 60 x 81 cm

     

    1899 Naissance d’Anselme Boix-Vives, en Catalogne, Espagne. Garde des troupeaux de mouton sans suivre de scolarité.

    1917 Installation en Savoie. Ouvrier, puis marchand de fruits et légumes. Devient un commerçant prospère

    1926 Horrifié en Avignon face à un défilé de soldats mutilés Il imagine un monde idéal, où notre planète serait un éden pour tous

    1955 publie un premier manifeste pour la paix universelle.

    1962 1962 -1969 : peint plus de deux mille peintures (ripolins), dessins et gouaches.

    1969 Mort de l’artiste.

    1993 Représenté en exclusivité par la galerie Alain Margaron.

     

    Bel animal jaune, 1965, gouache et crayon gras sur carton, 70 x 50 cm  bel animal jaune-1965

                                                                                               gouache et crayon gras sur carton

     

     

                              par Benevent Tossery

    Cet épicier savoyard a peint une œuvre exubérante. Le Musée des beaux-arts de Chambéry expose ce représentant d’un art brut pétri de douceur.

    La Mise au tombeau du Christ (1964). ZOOM

    La Mise au tombeau du Christ (1964). / Didier Michall

    On ne compte pas les personnages « lunaires », et présentés comme tels, peints par Anselme Boix-Vives. Pourtant, ce commerçant prospère en fruits et légumes a toujours eu les pieds bien campés sur terre. Et si l’épicier avait la tête dans les nuages, ce fut d’abord dans un tout autre domaine que la peinture.

    Bouleversé lors d’un défilé de gueules cassées de la Grande Guerre, il a longuement élaboré une utopie politique, promettant la paix universelle par la seule force du travail – qu’il vienne à manquer et les ouvriers n’auront qu’à « creuser des trous pour y enfouir l’océan » ! Il envoie son « plan d’organisation mondiale » publié à compte d’auteur aux grands de ce monde, du général de Gaulle à la reine d’Angleterre.

    2 400 œuvres dont 80 exposées

    Portrait d’Anselme Boix-Vives dans son atelier, photographie, collection particulière/Musée des Beaux Arts de Chambéry

    Portrait d’Anselme Boix-Vives dans son atelier, photographie, collection particulière / Musée des Beaux Arts de Chambéry

    On retrouve ces élans généreux et naïfs dans sa peinture, à laquelle il s’est adonné la soixantaine passée. Son épouse est alors malade, et il a passé la main à la boutique, à Moûtiers (Savoie). Pour s’occuper, il dessine à l’étage sur de grandes feuilles de papier Canson ou sur carton. À la gouache d’abord. Au Ripolin ensuite, après que la marchande de couleurs luia offert ses invendus  .

    Il peint à la chaîne – on lui connaît 2 400 œuvres, le musée de Chambéry en présente 80 – ce qui lui traverse l’esprit. Les écureuils et les bouquetins du parc de la Vanoise. Des Savoyards à skis. Les personnalités de son temps, de Martin Luther King à John Fitzgerald Kennedy, croquées d’après les images diffusées sur le téléviseur constamment allumé dans son atelier – « Je n’avais jamais pu lire quoi que ce soit, je n’avais jamais vu de peintures faites par de vrais peintres, alors il me fallait des modèles », dira-t-il un jour.

     Enfin, parmi les peuplades de son imaginaire, on compte des êtres carnavalesques, un « préfet lunaire » côtoyant des « bohémiens de la planète Mars ». Peut-être ces êtres étranges aux traits simiesques peuplaient-ils les songes du jeune berger, lorsqu’il laissait s’égailler les moutons dans la nature en s’endormant, enfant, dans les montagnes de Castellon (Espagne), où il est né en 1899, avant d’émigrer en Savoie, en 1917.

    Ministre lunaire (1963)./Didier Michallet

    Ministre lunaire (1963). / Didier Michallet

     

    Anselme Boix-Vives n’est jamais allé à l’école, encore moins dans les musées. Il nous offre l’enfance de l’art, avec ses personnages aussi effrayants que touchants, dents carnassières et grandes orbites noires. Délimités par des contours hachurés ou pointillés, ils se fondent dans un décor exubérant. Une marqueterie colorée, sa marque de fabrique. Ici, ni ciel ni sol. Et pas un souffle d’air entre les deux. Fleurs et fougères prolifèrent là où Anselme Boix-Vives n’a rien d’autre à peindre.


  • Commentaires

    1
    Samedi 6 Janvier à 08:51

    original, je n'aime pas trop ses visages et sa mise au tombeau est effrayante mais j'aime les couleurs. Il fait comme  moi qui n'ai pas de petit coin à moi et qui peins sur la table de la cuisine

    bises et bonne journée

    2
    liedich
    Samedi 6 Janvier à 09:04

    Bonjour Gazou. Mouais. Tu me connais. Là, Je suis hermétique. Douce journée et merci. l.

     

    3
    Samedi 6 Janvier à 09:23
    LADY MARIANNE

    assez effrayant !! mais bravo l'artiste !! de belles couleurs vives-
    une belle découverte ! merci !
    bisous du samedi-

    4
    Samedi 6 Janvier à 10:35
    eMmA MessanA

    Sa technique me fait penser à l'art tribal des peuples Gonds Adivasis. L'art brut est d'une grande force et d'une grande richesse, même si nos sensibilités ou simplement notre regard peuvent parfois être heurtées par des formes pas aussi "policées" auxquelles nous sommes la plupart du temps habitués.

    Merci, Gazou, pour la découverte de cet autodidacte prolifique.

    5
    Samedi 6 Janvier à 10:48

    J'avoue ne pas être très attirée si ce n'est pas cette exubérance de couleurs.

    Mais merci pour la découverte, Gazou.

    Bisous et douce journée.

    6
    Samedi 6 Janvier à 11:02
    Surprenant. J'aime beaucoup les couleurs et la singularité de ses tableaux.
    Merci pour la découverte.
    Bonne journée !
    7
    Samedi 6 Janvier à 11:59
    daniel

    Moi j'aime bien. C'est original! ça foisonne !!

    8
    Samedi 6 Janvier à 12:47

    C'est coloré et joyeux

    9
    Samedi 6 Janvier à 14:37

    Je ne connaissais pas ce peintre berger, ces dessins très naïfs et colorés sont sympas!

    10
    Samedi 6 Janvier à 17:38

    autant j'apprécie son empathie, autant je ne peux aimer son art ...

    amitié .

    11
    Samedi 6 Janvier à 20:39
    Durgalola
    C'est incroyable de voir son activité si prolifique. Merci pour tes présentations de peintres. Bises
    12
    Samedi 6 Janvier à 20:49

    C'est très coloré j'aime ça.

    13
    Dimanche 7 Janvier à 09:43
    lilousoleil

    il faut de tout bine sûr et je reconnais qu'il y a là une belle facture ... 

    Je croyais un seul tableau ma Lady  !!!

    14
    Dimanche 7 Janvier à 10:20

    Un seul tableau, c'est parfois trop restrictif pour présenter un artiste...

    Je suis allée sur ton blog mais je n'ai pas pu mettre de commentaire, pourtant j'ai essayé de me connecter à Google...

    Je ne connaissais pas ces tableaux là de Gauguin, ça me plaît beaucoup...Bonne journée Lilou

    15
    Dimanche 7 Janvier à 10:25

    Tu fais bien de nous faire pénétrer dans l'art de ce peintre, car au premier abord j'aurais été choquée par le côté "frise pour nappe" ; et puis peu à peu on entre dans le côté "primitif", à la douanier Rousseau ou à la mode africaine de ce style qui est en même temps un peu trop riche en masse et en couleurs, un peu "écoeurant"... et on finit par trouver ça mignon, attachant.

    16
    Dimanche 7 Janvier à 11:36
    Edmée De Xhavée

    Je ne connaissais pas mais ai tout de suite été séduite, la sensation de "beau" est très forte, de joie... Merci de me le faire découvrir! 

    17
    Evy
    Lundi 8 Janvier à 22:07

    C'est spécial mais à découvrir bonne soirée

    18
    Mercredi 10 Janvier à 05:08

    Une belle découverte. Plus de deux mille oeuvres, c'est géant. 

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