• "Le plus souvent, les êtres malheureux vivent plus longtemps : l'effroi de n'avoir pas vécu, de n'avoir pas aimé, leur confère cette énergie du désespoir qui maintient en vie à tout prix. Plus l'existence est entravée, opaque, inaccomplie, plus la mort devient inacceptable et scandaleuse, plus on repousse l'échéance."

                             Christiane Singer

     

     

     

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    "Pour se sentir vraiment vivant, il faut avoir le courage de prendre conscience que nous sommes pris dans beaucoup de morts...Il faut une vie entière pour essayer de naître."

                              Christian Bobin


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  •  

     

    Merci à Nelly qui m'a envoyé ce poème après avoir lu le texte du 7 décembre

     

     

    Colombe 


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  • Quand il est mort

    je me suis dit

    on m'a dit

    vous avez fait tout ce que vous pouvez

     

    Lui-même me l'a dit aussi

    Je sentais sa main sur mon épaule

    son regard bienveillant qui me demandait

    de continuer à vivre pour lui

    maintenant

     

    qui me demandait

    de ne pas l'abandonner

    de savourer pour lui

    tout ce que la vie

    savait donner

    et dont il avait si peu profité.

     

    Vous avez fait tout ce que vous pouvez

    disaient-ils

    mais ce n'est pas vrai

    On n'a jamais fait tout ce qu'on peut

    on peut toujours plus

    et on ne le fait pas

    et on ne le sait pas

    on n'y croit pas

     

    On meurt avant de mourir

     

    Mais lui-même me disait

    et ce sont ces mots qui m'importent

     

    VIS

              VIS

                         VIS

     

    Et, lui, il est mort parce qu'il voulait vivre

    non pas mollement

    mais entièrement

    Dix-neuf ans, est-ce un âge pour mourir?

    Dix-neuf ans, cela suffit pour  laisser une trace sur la terre

    et beaucoup plus dans le coeur de ceux qui nous aiment...

     

     Et comme je l'ai dit, lors du premier 7 décembre où j'ai écrit sur mon blog :

    si je me laissais aller, j'aurais l'impression de le faire mourir une seconde fois

    si vous voulez relire les articles le concernant,ils sont dans la catégorie: à nos invisibles (colonne de gauche)

     


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  • Elle est venue me voir cette nuit.

     

    Aucune parole.

     

    Elle ne pouvait plus parler les dernières années de sa vie.

     

    Aucune parole mais ses yeux parlent,

    ils parlent juste,

    ils parlent vrai,

    ils disent cette tristesse sans nom qui l'habite, qui ne la quitte plus;

    ils disent son regret d'être passée à côté de l'essentiel.

     

    Et moi je me réveille sur cette rencontre.

    Et je pense d'abord que c'est trop tard puisqu'elle n'est plus là.

    Mais non, il n'est jamais trop tard:

    les liens demeurent qu'on le veuille ou non...

    Les liens demeurent

    Et s'ils sont mal vécus, ils empoisonnent la vie de ceux qui les suivent...

    Et ceux-là se sentent ligotés, emprisonnés par un tas de noeuds...

    où ils se perdent, où ils s'enserrent,

    et le cercle de la mal vie s'étend d'âge en âge...

    Elle est triste, elle voit bien que ceux qu'elle aime se débattent dans les mêmes problèmes.

    Et elle attend, sans un mot, que l'étau qui les empêche d'aimer, que les liens qui les ligotent se desserrent et qu'enfin ils puissent vivre, libres et fiers.

     

    Alors la tristesse qui l'habite Se diluera comme neige au soleil et elle aussi poursuivra sa route...

    A mon tour, je la regarde profondément....

    Long est le chemin mais de belles petites fleurs peuvent surgir  soudain et nous aider à avancer

    Et comme le dit le poète Amado, chacun de nos pas construit le chemin.


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  • f-vrier-2008-029.jpg

     

     

    "Nous ne guérissons jamais seuls.

    Nous portons avec nous ceux qui nous ont précédés et ceux qui nous succèderont.

    Nous transmettons à notre insu bien des histoires du passé.

    Peut-être devons-nous porter en nous tous nos morts tant qu'ils n'ont pas trouvé, dans la mort, le chemin de la Vie?

    L'oublier, les oublier est sans doute l'un des plus grands sacrilèges de notre monde.

    Nous ne savons plus accueillir ni la vie ni la mort"

                      

                                            Charlotte Joussaume (Le silence est ma joie)


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