•   Hier soir, je plonge à nouveau dans un livre lu cet été  : Chanter de Delecroix chez Flammarion...Je me souvenais surtout , et c'est celui-là que je cherchais, d'un très beau chapitre de trois pages seulement ( "Tu chanteras pour finir" ) où l'auteur nous parle  d'une femme sur le point de mourir..

      Elle est entourée de toute sa famille, elle a dit à chacun ce qu'elle avait à lui dire et, depuis plusieurs jours, elle ne dit plus un mot...et, soudain, au moment suprême....

    Je partage avec vous la fin de ce chapitre...J'ai été fortement touchée par cette histoire...La fin de vie peut être belle.

     

     

     

     

     

     

    " Et puis dans le silence de la chambre, il se fit un silence plus profond encore et ce silence ne s'entend qu'à une seule occasion, n'appartient qu'à un seul moment, qui est celui de la mort...Dans la chambre, la mort était là, ils le surent aussitôt, et la vie,  enfin , se retirait à jamais. Elle, elle la voyait sans aucun doute et n'en apraissait pas effrayée. Elle voyait la mort se pencher sur elle, elle voyait la vie se retirer sur la pointe des pieds et refermer la porte. Avant de s'en remettre au néant, pourtant, elle les regarda, son mari, ses enfants. Ils crurent qu'elle voulait dire quelque chose, qu'une parole restait à dire peut-être, que peut-être elle était réservée pour cette minute.

    Mais c'est dans ce silence qu'ils l'entendirent chanter.

    Ils crurent un instant avoir rêvé. Ils se regardèrent sans comprendre. Mais ils dûrent se rendre à l'évidence, discrètement, fragilement, à peine audible, elle chantait.... Elle était là, entièrement là, toute la vie sur el bord de ses lèvres. C'était un air familier qu'ils reconnurent. ayant délaissé la parole, défait un à un les liens, s'étant allégée de tout et d'elle-même finalement, elle n'avait plus qu'un souffle qui, désertant peu à peu tous les recoins du corps, franchissait pour toujours la fine frontière des lèvres, et c'était comme si ce dernier souffle était le premier, celui qui avait précédé la première parole, celui qui, au fond, soutenait toute aprole, la vie elle-même. Et ce souffle, elle le leur offrit parce qu'il chantait."          Vincent Delecroix  ( Chanter)


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  • Ces historiettes sont glanées dans le livre de Daniel Sibony: "Le sens du rire et de l'humour"

     

     

     

     

     

    On ne peut pas s'empêcher d'aimer le directeur...sinon, il vous vire

     

     

    Si vous n'allez pas à l'enterrement des gens, ils n'iront pas au vôtre.

     


     

     

    Pourquoi les chirurgiens portent-ils des masques pendant l'opération?

    Pour ne pas être reconnus si ça se passe mal.


     


     

    Une grand-mère est sur la plage avec son petit fils

    Une grosse vague arrive et emporte l'enfant; la grand-mère implore le ciel :" rends-le moi, ce petit, c'est tout ce que j'ai au monde."

    Une autre vague déferle et ramène l'enfant, sain et sauf.

    La grand-mère lève les yeux au ciel en montrant du doigt le garçon : "Mais il avait un chapeau! "

     


     

     

    Le foot, le foot, tu ne penses qu'à ça, se plaint une épouse anglaise; Je parie que tu ne pourrais pas me dire quel jour on s'est mariés;

    - si, je pourrais, dit l'homme : c'était le jour où Arsenal a marqué cinq buts contre Chelsea."


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  • Alain Resnais (à droite) avec ses comédiens lors du tournage du film « Vous n’avez encore rien vu ».

     

     

    Il a beau avoir plus de 90 ans, Alain Resnais est encore un jeune homme plein de malice, d'humour et de légèreté.

     

    et j'ai eu plaisir à voir son dernier film : "Vous n'avez encore rien vu"

     

    Tout est limpide et convaincant. J'admire sa capacité à toujours se renouveler.

     

    Le temps n'existe plus: le passé et le présent  se mêlent.

     

     

    Et qu'importe : Orphée et Eurydice est une histoire d'amour  immuable qui s'est jouée et se jouera encore des milliers de fois...ET qu'importe qui la joue?  C'est une histoire qui nous concerne tous.

     

    Fiction et réalité s'entrelacent...Mensonge et vérité tout autant.

     

    Alain Resnais filme" l' Eurydice"  de Anouilh et, pour cela, a demandé à ses plus fidèles acteurs de venir encore une fois jouer dans un de ses films.

     

    On imagine que cette Eurydice a été créee par un certain Antoine D'Anthac qui meurt et convoque , par testament, tous les comédiens qui ont joué dans cette pièce afin qu'ils visionnent cette même pièce jouée par une jeune troupe.

     

    Ce que vivent alors ces jeunes comédiens se mêle alors à ce qu'ont vécu leurs aînés, il y a dix, vingt ou cinquante ans.  Les répliques sont ainsi doublées et triplées mais on ne perd jamais le fil, on est capté malgré soi...

     

     

    Et bien qu'il filme l'amour absolu comme un jeu du destin qui ne trouve sa raison d'exister que dans la mort, il n'y a pas de tristesse....mais plutôt une grande joie de jouer, une joie de vivre ...Et c'est plutôt contagieux!


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    2012octobre-202.jpg

     

     

    C'est temps de grisaille , de brume et de pluie

    mon cerveau est tout embrumé lui aussi

    et mon coeur en marmelade.

    Je sens mes os se ramollir

    tant l'humidité les imprègne.

     

     

     

    Envie de dormir

    envie d'abandon

    envie de rien

     

     

     

    Je profite d'une accalmie

    pour sortir dans le jardin.

    J'en ramène

    une brassée de feuilles;

    j'en fais un bouquet

    qui illumine la pièce,

    qui ouvre mon coeur

    qui ravive mon corps

     

     

     

    La grisaille s'est envolée.

     

     

     


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  • " J'ai déjà enduré toutes les morts

    et toutes je veux les endurer;

    Je veux mourir comme la branche sur l'arbre,

    Mourir comme les pierres dans la montagne.

    Mort du grès redevenu sable,

    Mort de l'herbe sèche d'été qui craque,

    Mort pitoyable , sanglante des hommes.

     

    Je veux renaître et devenir fleur,

    Renaître et devenir arbre, herbe,

    Poisson, cerf , oiseau et papillon.

    L'impatience me fera quitter

    Chaque forme et je gravirai les marches

    Menant aux ultimes souffrances,

    Aux ultimes souffrances des hommes.

     

    Oh, arc tendu, je te vois frémir

    Lorsque les poings furieux du désir

    Veulent recourber l'un vers l'autre

    Les deux pôles de l'existence!

    Souvent encore et sans relâche,

    Tu me mèneras de la mort à la vie,

    Chemin cruel des métamorphoses,

    Chemin splendide des métamorphoses. "

     

               Hermann Hesse

              ( Eloge de la vieillesse )


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