• Me voici de retour.

     

    Quel bonheur de quitter son chez soi

    et de partir vers d'autres lieux, d'autres paysages,

    de se renouveler au contact d'autres visages.

     

    Et quel bonheur aussi de revenir !

     

    Peut-être que je ne pars que pour mieux savourer ce moment-là!

     

     

    "Quand on revient, est-ce la Terre qui a rapetissé ou, soi-même a-t-on grandi?

                                                                             Paul Morand (1888-1976)


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  • " A mon sens, la véritable fonction de l'artiste serait celle-là : transcender la réalité en invitant les autres à le faire aussi à leur façon. Il est clair qu'il n'y a rien de plus extraordinaire que de voir une personne mise en confiance nous révéler sa richesse intérieure. Il n'y a pas de meilleure guériosn pour la planète que la révélation du soi. Cela libère la personnalité de ses doutes. Elle s'ouvre enfin à la grâce, à la poésie du monde, au subtil de la vie. Elle s'ouvre à l'amour, elle devient amour. Par l'art, il nous faut aborder l'être humain différemment, avec douceur et bienveillance, afin de faire "émerger" ce nouveau qui dort en lui. Tout le vrai et juste travail d'un bon artiste consiste à relier la personne à la grâce...

    Mais attention: deux points importants...

    Voici le premier : relier une personne à la grâce peut provoquer de l'orgueil chez l'artiste enseignant. Celui-ci peut se transformer en "sauveur" et tenter d'exercer une emprise chez celui qu'il essaie d'éveiller...

    Quant au second point, il concerne le  Soi enfin révélé, il est important de comprendre qu'il ne faut pas s'y attacher. Comme tout, nous sommes forme rejoignant le sans forme. nous ne sommes que de passage."

                                           

                                           Marc Vella (Eloge de la fausse note, page 20)

     

     

     

    Petite pause ce week-end

    A lundi

                      


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  •    L'autre soir j'étais fatiguée...si j'avais été raisonnable, je me serais couchée de bonne heure...

    Mais voilà, aurait-il été raisonnable de s'enfermer chez soi alors que, à trente kilomètres de chez nous, Marc Vella offrait un concert avec sa caravane amoureuse?

     Et , de plus, mon mari voulait bien m'accompagner, lui qui ne connaissait pas cet homme....Moi, si, je le connaissais...D'ailleurs je vous en avais déjà parlé de ce musicien ambulant qui va aux quatre coins du monde avec son piano à queue, lequel, fidèlement, l'accompagne depuis vingt-cinq ans...Il aurait pu jouer dans de grandes salles de concert (il a eu le grand Prix de Rôme en 1999). Mais il a préféré aller ainsi au-devant des gens, particulièrement des plus délaissés pour leur redonner l'espoir, leur donner conscience de leur valeur...Car c'est seulement ainsi que l'on construit un monde plus aimant...Et chaque année ou tous les deux ans, il part un mois avec des volontaires pour témoigner qu'un autre monde est possible, pour nous montrer comment écouter  et oser sans peur la musique de la  vie....Et le reste du temps, il va de rencontre en rencontre, d'un concert à une conférence...Il est souvent invité dans des lycées et génèralement, son passage marque les esprits...et les coeurs....

     

        Mais revenons à notre soirée...

    D'abord, cela s'annonce mal, il pleut abondamment...Le temps de trouver la salle, nous avons les pieds trempés...Enfin, nous y voilà...Des CD, des DVD , des livres sont en vente...J'ai déjà acheté le dernier trouvé en librairie, alors je prends un DVD qui nous retrace leur passage en Afrique... Je sens quelqu'un à mes côtés qui me sourit...C'est Marc Vella...Avec lui, les mots vont droit à l'essentiel et l'on peut se parler comme si l'on s'était toujours connu, comme si l'on s'était déjà rencontré la veille et que l'on reprenne une conversation interrompue...Il nous propose de nous joindre à ceux qui , dans un coin,  terminent leur repas...Nous sommes un peu en avance, nous allons nous asseoir et observons les gens qui arrivent peu à peu...Il y en a un qui fait beaucoup d'esbrouffe et qui semble bien vouloir prendre sa place et même un peu plus...Sans doute a-t-il l'habitude d'être mis à l'écart et, il pense qu'en faisant du volume il s'imposera...Mais ,ici, nulle agressivité, chacun le regarde en souriant..

    Marc annonce la soirée, explique que la scène est à tout le monde, demande  qui a quelque chose à présenter, emprunte ,avec son accord, bien sûr, le chapeau de notre homme et demande à une jeune fille de faire le tour pour que ceux qui veulent bien donner quelque chose , puissent le faire...

        Et le spectacle commence. bien sûr, le monsieur au chapeau est un des premiers  à occuper la scène avec trois ou quatre autres musiciens : lui aux percussions et il joue bien, deux à la trompette...Et ils improvisent et cela sonne bien..Puis d'autres viennent..Plusieurs chantent des chansons de leur composition...Puis notre percussioniste profite d'un moment de silence pour venir sur la scène une seconde fois  et il y resterait volontiers jusqu'à la fin...Marc vient gentiment lui faire signe de laisser la place...Ceux qui improvisaient avec lui s'en vont ..et lui aussi....Une jeune femme en fauteuil roulant arrive, Marc se met au piano et lui joue une musique très douce et elle, avec ses bras et avec sa tête, danse... et cette danse dans un fauteuil est très émouvante...Chacun peut s'exprimer selon ses possibilités...Marc l'embrasse pour la remercier.  Elle s'en va avec un sourire radieux....

     

      Puis Marc se remet au piano et il nous joue une vie entière : des moments très mouvementés, des tempêtes à traverser, une violence maîtrisée, des moments d'un douceur infinie, des moment avec des sons étranges, le piano a beaucoup voyagé, il a même rencontré des baleines et avec ses variacordes (le piano est ouvert et tout en jouant, il fait courir des objets sur les cordes) et il parvient, à la fin , à nous faire entendre le chant des baleines....

    C'est une belle fin de concert...Il fait signe de ne pas l'applaudir.

     

      Ensuite, les gens de la caravane vont au devant des spectateurs, les embrassent ou les invitent à participer à la danse finale...Moi, j'ai oublié ma fatigue mais je sens que mon compagnon est content de sa soirée mais a envie de rentrer ...Et nous aprtons heureux....

     


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  •  

     

    "On peut tout à fait éviter de vulgariser une pensée (c'est-à-dire de la simplifier ou de l'affadir) tout en la proposant à un large public.

     

    Les gens sont extrêmement intelligents quand on ne les prend pas pour des imbéciles.

     

     Le tout est de s'adresser à l'individu (et non au troupeau) que tout un chacun porte en lui.

     

     Pour ce faire, il est essentiel non pas de simplifier, mais de dire simplement des choses compliquées, ce n'est pas du tout pareil"

                                                                                                                                 

                                                     Raphaël Enthoven   (Revue "Muse" 67)


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  • "Au-delà de la violence qui nous entoure, nous envahit et tente parfois de nous détruire,

     

     il devient vital de garder VIVANTE  cette parcelle de vie pour l'offrir à ceux qui nous sont proches, et  cela au présent...

     

    S'ancrer au présent pour continuer à alimenter une énergie d'amour indispensable à notre survivance.

     

    Car l'avenir aujourd'hui est devenu trop prévisible, il est pour beaucoup synonyme de catastrophe.

     

     Il n'y a plus d'espérance, en effet, quand l'imprévisible est assassiné, quand le prévisible opaque, violent, destructeur obture l'horizon."

                                

                                                          Jacques Salomé


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