• Dans le désespoir,il y a de la souffrance,
    il y a aussi encore une petite graine d'espoir 
    qui traîne quelque part 
    dans notre coeur qui vibre et qui pleure
    Il y a un stade au-delà du désespoir : 
    c'est quand on ne souffre plus,
    on pourra croire que c'est plus confortable,
    mais il n'y a plus rien,
    plus rien qui puisse être ressenti,
    ,ni soulagement,ni tristesse,
    pas la moindre liesse,
    plus de souffrance
    car plus de conscience.
    IL n'y a plus que l'apparence de la vie,
    c'est de la survie...

    Et pourtant il arrive parfois
    que même dans cet état là,
    un être revienne à la vie,
    ..
    Il suffit d'un souffle,d'un souffle d'amour
    puissant et persévérant
    qui fasse fondre la glace.

    Il suffit d'une énorme patience,
    car lorsque l'être  va se dégeler,
    la première chose qu'il va retrouver,
    après la joie de se sentir à nouveau vivant,
    c'est  sa souffrance.
    comme elle a été longtemps enterrée,
    elle va jaillir avec violence
    et grande va être la tentation de retourner à la non-vie
    pour l'être qui a franchi
    le seuil du désespoir.
    Pourtant cela est possible.
    Il suffit d'un souffle d'amour
    qui encourage

    et ne désespère jamais.


    19 commentaires
  • "Lorsqu'on ne prend pas sa place, on devient victime et on attend que l'autre change.

     

    Lorsqu'on la prend , on devient responsable et on découvre l'amour de soi et parfois, à notre grande surprise, le respect des hommes."    

                                        

                                                       Guy Corneau  (N'y a-t-il pas d'amour heureux?)


    19 commentaires
  • Elle me demanda de venir la voir.

    Je m'empressai.

    Elle me dit qu'elle partait à Paris le lendemain car son frère  était mort.

    -"C'était le patriarche, me dit-elle, c'était le chef de famille. Certes, c'est une délivrance pour lui, les derniers temps, il souffrait beaucoup, il n'a pas voulu que j'aille le voir car il avait trop changé....Chaque matin, il lisait plusieurs journaux, il était conscient et informé de tout ce qui se passait...et se voir ainsi dans une dépendance de plus en plus grande devait être très dur pour lui...Mais sa jeune femme lui était toute dévouée...elle ne vivait que pour lui, elle l'admirait beaucoup et, à présent, elle est toute désemparée..elle aurait voulu partir avec lui."

    Elle continue son monologue et je l'écoute attentive...

    Elle me dit encore : "J'espère que ma belle-soeur ne sera pas choquée que je ne porte pas le deuil, mais je veux me faire belle, il était si élégant, il tenait tant à ce que l'on veille à sa tenue. Je veux prendre mon tailleur blanc...D'ailleurs, dans certains pays, c'est le blanc qui est la couleur du deuil."

    Je la rassure en lui disant que le deuil se porte à l'intérieur de soi et je m'émeus devant cette vieille dame de plus de quatre vingt  ans qui veut se faire belle pour aller aux obsèques de son frère aîné...

    Me parlant à nouveau de sa belle soeur à qui elle pense constamment en ce moment, elle me dit :" je veux la réconforter, je ne plains pas mes jambes, je l'aiderai à faire toutes les formalités, je lui dirai qu'elle doit faire face pour faire plaisir à mon frère qui n'aimerait pas la voir dans cet état-là...Mais je sais que c'est dur de réagir. Quand mon mari est mort, ça était très dur pendant au moins cinq ans."

    Et elle me montre l'album de photos de son mari : il y a vingt ans qu'il est mort mais elle pense de plus en plus à lui.

    Elle devient vindicative quand elle me parle de son autre frère qui refuse de venir aux obsèques parce que la secte juive à laquelle sa femme et sa fille appartiennent et donc aussi lui-même, comment eût-il pu faire autrement, cette secte ne reconnaît pas le droit à l'incinération.

    Cette rencontre s'est passée, il y a plusieurs années, mais je la garde en mémoire comme si elle venait d'avoir lieu.


    12 commentaires
  • Usés
              désabusés
    Ils n'ont pas eu le temps
    Ils n'ont pas pris le temps
    de se poser de grandes questions
    pourquoi,comment,pour qui
    La vie les a moulus,pétris
    et ils s'en sont sortis
    comme ils ont pu;
    Ils se sont chamaillés
    ils se sont éloignés
    ils se sont retrouvés
    ils en ont vu de toutes les couleurs.
    Mais ils ont quand même vécu
    aussi bien qu'ils ont pu;
    Et ce qui leur reste
    invisible et précieux
    c'est la tendresse.


    mars-2009-020.jpg

                                                                 Chantal Roux

    


    Regardez le regard de l'homme
    sur cette femme
    qui s'abandonne
    sur son épaule...
    Pour dire ce qu'il ressent
    à cette femme qu'il aime
    et à qui il ne l'a jamais dit,
    il ne va peut-être pas trouver les mots
    ou il ne va pas savoir les dire...
    il va falloir lire dans son regard,
    lire dans cette épaule
    qui s'incurve
    pour mieux accueillir celle de sa femme
    et lui faire un nid plus doux...
    Il va falloir lire entre les lignes
    pas écrites
    Mais elle sait le faire.
    Elle saura trouver le geste qui remplacera tous les mots..
    Et ils vont se rapprocher...
    Sans mots
    ils vont s'entendre
    Sans mots
    ils vont se comprendre
    Par la grâce de leurs deux regards,
    leurs deux regards qui semblent ne rien voir,
    ils vont s'ouvrir l'horizon
    et s'en aller ailleurs...

    Ils  se sont rejoint dans leur part la plus intime
    Ils ont rejoint le monde entier.


    21 commentaires
  •  

     

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=TW9sjYrLsi4

     

     

      Cette lettre, Julos Beaucarne l'a écrite quelques heures après l'assassinat de sa femme en 1975

     

     

    le Jaseur Boréal  Amis bien aimés,

    Ma loulou est partie pour le pays de l'envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C'est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour, et l'amitié, et la persuasion.
    C'est l'histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.
    Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n'est de vrai que l'amitié et l'amour.
    Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.
    En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers.
    Julos - nuit du 2 au 3 février 75

    15 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires