• Quand j'ai fait sa connaissance, elle était déjà à la maison de retraite et elle ne quittait plus guère son lit...

    A la première rencontre, elle me dit  :" je suis très fatiguée et j'ai un peu perdu la tête."..et puis elle se tait....
    Alors nous nous sommes parlées avec les mains...elle avait besoin de ce contact....
    Puis elle me dit :"on se comprend toutes les deux"
    J'étais rassurée..Malgré le peu de paroles, quelque chose était passé et ma visite n'était pas vaine...
    Je l'embrasse..elle dit merci...Je lui prends la main, elle dit merci et elle lève sa main jusqu'à sa bouche pour l'embrasser...

    Un jour, j'arrive...Il fait froid et mes mains sont glacées...alors, elle me les réchauffe dans les siennes...Je l'embrasse. Elle me dit qu'un bisou, ça vaut bien un merci...Et puis elle ajoute : "Maintenant que je vous ai réchauffée, vous allez pouvoir en réchauffer d'autres à votre tour"
    Elle a perdu la mémoire...peut-être bien qu'elle a aussi un peu perdu la tête comme elle dit mais elle est toujours pleine d'amour,elle a gardé l'essentiel et je m'émerveille...
    Et tout l'hiver, elle réchauffera mes mains dans les siennes dès mon arrivée...

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  • "Ne lisez pas comme on fait des enfants,
    ni pour vous divertir,
    ou comme les ambitieux,pour s'instruire.
    Non, lisez pour vivre."
                                    Flaubert2294326238_6e8f4f6503.jpg

     

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  • Les-99ans-de-Dina-et-chez-Jean-Luc-et-Josette-le-6-septembre2007-037.jpg Cette année-là,je participais à un atelier de théâtre amateur et le metteur en scène nous avait demandé d'écrire un texte sur notre personnage pour le présenter...Je devais avoir quelques affinités avec car je m'étais incarnée,sans difficulté, dans cette Marguerite,dès la première séance...Et puis bizarrement,je l'avais perdue,je ne la sentais plus....Un jour,le metteur en scène m'a proposé d'entrer sur la scène en chantant et c'est alors que je l'ai retrouvée...Voici le texte écrit à ce moment là,en quelques minutes,avec un grand bonheur:



             Petite fille,Marguerite adorait rêver,
             c'était son occupation préférée;
             docile,elle faisait tout ce qu'on lui disait,
             mais dès qu'elle en avait fini avec les tâches imposées,   
             dans sa bulle,elle s'envolait
             et là,c'était l'harmonie,la fantaisie,
             toutes les couleurs de l'arc en ciel
             se fondaient en une seule
             transparente et cristalline.

             Mille personnages par elle-même inventés   
             dans son univers de rêve virevoltaient
             et chaque jour de nouvelles aventures ,elle leur créait.
             Elle vécut ainsi longtemps,réfléchie et songeuse
             sans prêter attention à son corps qui la voulait femme
             et exigeait de plus substantielles compagnies.

            Mais voilà qu'un beau jour vint Achille
            et par sa prestance, sa jovialité superbe,
            il réveilla la petite fille trop longtemps endormie
            qui,dès les premiers mots à elle adressés,
             aliéna aussitôt sa toute jeune liberté.

           Achille,c'était un de ses personnages de  rêve
          qui avait pris chair;
          c'était une de ses créatures à elle
          qui trouvant son autonomie
          allait à son tour ,devenir créateur.

          Achille était venu,
          une petite fille était morte,une femme était née,
          une femme qui voulait tout,qui espérait tout,
          comme seuls peuvent le faire,
          les êtres encore près de leur source,
         avides de lumière et de beauté.

         Achille était fier de son succès
         et assistait ,étonné
         à la métamorphose de sa dulcinée,
         dulcinée éblouie,
         dulcinée aveuglée.
         Achille très fier...
         Achille perplexe...
         Achille s'ennuie 
        et sur d'autres fleurs 
        pose son regard
        Mais Marguerite,bien sûr, femme épanouie,
        puisque son prince est venu,
        mais femme enfermée dans sa bulle,
       une bulle plus large,
       deux être de chair étant clos,
       mais bulle tout de même...
       et les rumeurs ne l'atteignent pas,
       elle devient sourde et aveugle,
       close sur son rêve,
       morte à peine née.
      
      Un jour pourtant,la bulle crève...
      De cette renaissance brutale,
      Marguerite devint folle
      et  Achille devint génèral.
     
     Et Achille qui avait toujours rêvé d'autorité
     se glissa dans ce nouveau costume
     avec une joie non dissimulée
     et Marguerite s'apaisa...
     Un génèral est aussi séduisant qu'un prince charmant,
     ne trouvez-vous pas?
    Et Marguerite devint la servante dévouée
    de son génèral de mari.
     Elle était même si empressée
     qu'elle devançait ses ordres,
     et à bien y regarder,
     on pouvait se demander,
     qui ordonnait,qui obéissait.
     Rien n'était clair,rien
     et le costume de génèral
    de plus en plus lourd à porter.

     Comment sortir vivant
     de cette nouvelle bulle
     où Marguerite jubilante
     L'avait enfermée?
     Marguerite la folle,
     Marguerite la trop lucide
     qui joue la comédie 
     pour moins souffrir?

     C'est tout simple.
     Achille offre à Marguerite
     un génèral de rêve,
     un génèral emprisonné
     et donc absent de la bulle.
     le tour est joué.                         


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  • Hier soir, j'ai trouvé ce poème coincé sous l'ordi, sur un petit bout de papier qui a bien failli atterrir directement dans la cheminée...Mais j'ai pris le temps de lire et j'ai pensé que ce poème voulait être publié...Alors le voici

    "Combien de temps encore
    vais-je tout avaler
    et faire
    comme si rien ne s'était passé !

    Combien de temps encore
    vais-je écouter tout lee monde
    et moi-même,
    la mine aimable,
    m'oublier?

    Combien de tmeps encore
    faudra-t-il qu'ils me cognent
    pour que ce ricanement ridicule
    décolle de
      ma figure ?

    Combien de temps encore
    faudra-t-il qu'ils me crachent  au visage
    pour que je montre
    le véritable ?

    Combien de temps
    un être peut-il
    ne pas s'aimer ?

    Il est si difficile
    de dire la vérité
     quand on a appris à survivre
    par l'amabilité ?"     Peter   Turrini


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  • Il est des silences de toutes sortes:
    -des silences prisons où vous êtes enfermé plus sûrement que dans la plus haute tour du château.
    -des silences meurtriers qui vous maintiennent dans l'a quoi bon et le défaitisme
    -des silences hautains qui vous font paraître moins que rien
    "On peut mourir de silence comme on meurt de douleur,de fatigue ou de faim" écrit Elie Wiésel.

    Mais il est des silences vivifiants
    des silences dont on goûte la saveur à l'égal d'un bon vin
    des silences que l'on écoute comme la plus belle des musiques. Julos Beaucarne nous parle du chanteur du silence dans un de ses poëmes et récemment j'ai entendu un chanteur nous affirmer qu'il ne chantait que pour rencontrer le silence.
    Il est des silences nécessaires pour que naisse la parole juste,pour qu'une rencontre authentique ait lieu
    -des silences qui seuls ont un sens quand les mots n'en ont plus.
    - des silences emplis de présence

    Et vous comment vivez vous le silence?



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