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    Ces jours-ci, je découvre cette chanson et je la trouve si belle et elle correspond tellement à mes préoccupations du moment que je l'apprends en trois jours, mélodie et paroles , s'il vous plaît...c'est vraiment un record pour moi !

    "J'étais fragile comme du papier
    J'étais facile à déchirer
    Le moindre petit vent contraire
    M'envoyait de suite  en enfer
    J'étais fragile comme le cristal
    Des jours très bien, des jours très mal
    A la merci de l'air du temps
    Un mot me griffait jusqu'au sang

    J'étais l'argile du potier
    Je me laissais toujours modeler
    Un jour j'ai voulu être moi
    Plutôt qu'une autre sous tes doigts
    J'ai voulu savoir qui j'étais
    Etais-je l'algue ou la forêt
    Etais-je la soie ou la laine
    Le granit ou la porcelaine ?

    Aujourd'hui je vais vers moi-même
    Même s'il en coûte à ceux qui m'aiment
    Trop habitués à me voir
    Docilement suivre leurs couloirs
    Aujourd'hui je me suis de près
    Je ne me quitte plus jamais
    Je ne m'éloigne plus de moi
    J'allais de guingois, je vais droit.

    Je suis subtile, je rebondis
    je suis heureuse et puis je ris
    Il n'y a plus de vents contraires
    Je nage au milieu de la mer
    Je suis légère comme une plume
    Je sors enfin de la brume
    Je suis bien dans ma propre peau
    Je navigue au fond de mon eau"  Julos Beaucarne

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  • "Ecrire est averse de neige...
    Une floraison de blancheur dans l'obscur, telle serait la page qui se couvre de signes.
    J'écris avec ce qui se tait
    Avec la neige montant du sol,
    cherchant la bouche muette du ciel."
                           Jean-Michel Maulpoix

    Cette neige là, elle ne m'angoisse pas quand je dois prendre la voiture.
    Cette neige là, j'en veux bien toute l'année,
    en toutes saisons...
    Cette neige là
    surtout qu'elle ne me quitte pas !
    Et je veux bien moi aussi écrire avec ce qui se tait,
    surtout avec ce qui se tait :
    le faire surgir au grand jour,
    le faire naître enfin...
    Et que cela retourne au silence
    quand il aura fait son tour de danse
    si tel est son destin !


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  • new Roger pic-700---400Je lis un livre qui me bouleverse

    Rappelez-vous, il y a quelque temps, je  vous parlais de Roger Mac Gowen
    Et, à la suite de cet article, un de mes amis du blog a acheté ce livre et me l'a envoyé...délicate attention !

    La préface  nous avertit : on ne sort pas intact de cette lecture....Certes, on peut lire en pensant que c'est un conte, quelque chose  d'irréel..et passer d'un pas pressé en se disant que c'est trop incroyable..tant de cruauté et d'injustice dans un pays soi-disant civilisé... et tant d'amour chez un pauvre type condamné à tort..
    Des deux côtés, c'est trop...Et pourtant, c'est vrai ! Qu'on le veuille ou non, c'est ainsi !
    Roger Mac Gowen a fait le choix" d'être entier, d'accueillir le bien et le mal, la justice comme l'injustice, la cruauté comme la bonté, la maladie comme la santé- d'acueillir et de bercer l'entièreté de ce qui est- sans condition, sans restriction, de tenir contre sa poitrine ce monde scandaleux et sublime comme on bercerait un monstre endormi. dans une cellule de 2 mètres sur 3, où la lumière coule par une meurtrière  à peine large comme la main,   
       Roger, noir américain incarcéré pour meurtre, condamné à mort et innocent, nous enseigne la liberté" C'est ainsi que Christiane Singer nous présente ces lettres écrites par Roger à son correspondant Pierre Prédervant et à quelques autres.
    Comment se plaindre de sa vie, se désoler  des difficultés que nous rencontrons après avoir lu ce témoignage et voir que cet homme que l'on a privé de presque tout  refuse de se considérer comme une victime et peut marcher la tête haute et sans ressentir de haine pour ceux qui l'humilient

    "Quand vous haïssez, vous n'êtes pas différent de la personne qui vous hait. Nous avons été créés à partir de l'amour, avec amour et l'amour dirige notre chemin. alors pourquoi perdre du temps à haïr?"

    "Je peux vivre avec la honte d'être enchaîné comme un animal, d'être humilié et réduit à rien, mais je ne pourrais pas vivre avec moi-même en nourrissant la même haine que ceux qui me haïssent pour le plaisir de haïr"


    "Nous avons tous un travail à accomplir dans cette vie et tous, nous avons notre rôle à jouer. Ensemble, nous créons un réseau d'amour, de respect et de compassion qui recouvre petit à petit le monde entier

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  • Quelquefois on s'étonne de pas être bien accueilli...
    On a pourtant mis son plus beau sourire
    Et l'autre cependant semble nous bouder
    Il nous avait pourtant habitué à un tout autre salut...
    C'est peut-être simplement que nous n'arrivons pas à la bonne heure
    et que nous dérangeons ses projets
    que nous l'empêchons de faire face à ses obligations...
    Ainsi, par exemple,lorsque la première neige est venue,
    en décembre, je crois, je l'ai trouvée magnifique...
    Il me souvient d'avoir écrit à ce sujet
    Vraiment, c'était la fête de la voir ainsi métamorphoser le paysage.
    Puis elle s'est invitée  à plusieurs reprises
    Bon, c'est l'hiver, me suis-je dit,
    elle s'est même installée , plusieurs jours durant
    Et puis Mars est venu,
    Paquerettes et primevères ont montré le bout de leur nez
    On sentait le printemps tout proche ...
    Et puis ce matin des flocons ont commencé à voltiger
    de plus en plus nombreux, de plus en plus épais
    Et toute la journée leur danse a continué....
    Est-ce l'hiver qui revient alors qu'il n'est pas encore parti ?
    Non, madame la neige, vous vous trompez de saison
    Revenez à la Noël prochaine, ce sera bien .
    Et laissez-nous jouir de la douceur de vivre
    du printemps qui s'apprête à nous rendre visite
    et qui attend avec impatience
    que vous lui laissiez la place...


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  •   Ce livre est le compte-rendu d'un colloque qui a eu lieu en janvier 2009  à Toulouse.
    Près de mille personnes  y ont participé et ont pu penser la fragilité comme une richesse.

    A quoi bon tourner le dos à nos failles?

    "De nos blessures s'inventent nos renaissances, de la crise d'aujourd'hui peut émerger un monde plus humain. Chacune de nos failles nous convie à un plus d'être. Plus de créativité, plus de solidarité, plus de lien, plus d'échanges"     Bernard Ugeux (coordinateur du colloque)

    Il est une fragilité qui est apportée par la peur et qui nous empêche d'accepter la fragilité de l'autre.Mais il est aussi une bonne fragilité qui nous permet d'accepter nos différences et nos limites,une fragilité qui permet et appelle la présence de l'autre, une fragilité qui est"un terreau de nouveauté"

    "De la fragilité jaillit la lumière" nous dit Jean Vanier,fondateur de l'Arche.
    Pour que les forts cessent de dominer les faibles,il faut, dit-il, "que chacun de nous accueille ce qui est faible et brisé à l'intérieur de soi"
    "La fragilité,quand on l'accueille et quand on l'aime, permet la relation et cette relation de vient une relation de paix"

    Faire l'expérience de la fragilité nous révèle le besoin d'être en relation, la nécessaire solidarité pour progresser ensemble dans la vie, l'existence de ressources insoupçonnées dans nos profondeurs et notre entourage

    Mary Balmary nous raconte  cette histoire.
    C'était à la fin d'une session de deux jours...
    "Une femme aux cheveux blancs est venue vers moi et m'a demandé si son fils pouvait venir em parler. J'étais étonnée,ne comprenant pas pourquoi elle me demandait cela. son fils devait être adulte. j'acceptai sans comprendre. Alors elle s'effaça et je vis venir un homme qu'on appelle un mongolien. J'étais étonnée également qu'il se trouve à ce colloque, tout à coup je n'étais plus la conférencière qui sait, mais quelqu'un qui ne comprend pas. L'homme attendit que j'en ai fini avec mes pensées, que je fasse de la place en moi pour lui, et il me dit avec une force et une paix incroyables :"Tu étais là et j'étais là...C'était bien"
    Vous devinez ce que ce bref échange de paroles a pu provoquer en moi, en nous, je pense- parce que les mots ne suffisent pas pour raconter un tel moment, un moment de pure présence...."

    Relisant cet échange, je me dis que ce que je racontais hier : ma rencontre avec Claire Jourdan...C'était du même ordre...un moment de pure présence ..Et des moments comme cela, nous en connaissons tous, un jour ou l'autre...mais nous ne prenons peut-être pas le temps de les savourer, de nous ressourcer avec...Se sentir fragile peut nous rendre plus attentif.




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